almesbury
– Sélestat – Malines
Les tribulations d'un manuscrit de Tertullien au
milieu du XVIe siècle(1)
(Suite)
par Pierre PETITMENGIN – James P. CARLEY

es
conséquences furent désastreuses pour les bibliothèque des abbayes
et des couvents, abandonnées, vendues ou pillées(35).
Bien souvent les seuls témoignages que nous ayons sur les collections
médiévales anglaises sont justement les notes prises par Leland,
qui constituent une source essentielle pour le Corpus of British
Medieval Library Catalogues en cours de publication. Nous avons
conservé celles concernant Malmesbury : y figure un Tertullianus
(sans autre précision)(36). Elles datent de
1533, quand une de ses toutes premières tournées le mène à Glastonbury,
Wells, Bath, Malmesbury, Cirencester et ailleurs(37).
Leland reviendra à Malmesbury en 1542(38),
mais à ce moment-là le codex Masburensis était depuis longtemps
à Sélestat.
Leland avait dû l'“emprunter” à l’été 1533 avec
quelques autres manuscrits, en particulier un recueil des lettres
d'Alcuin qu'il a annoté de sa main (maintenant British Library,
Cotton Tiberius A.XV, f. 1-173, copié autour de l'an 1000)(39).
La communauté était affaiblie par la mort de son abbé, et Leland
dut tirer parti des pouvoirs que lui donnait implicitement sa
mission royale ainsi que de ses bonnes relations avec le tout
puissant Thomas Cromwell qui, juste à ce moment-là, imposait son
candidat à la tête de l'abbaye(40).
Le codex Masburensis est donc dans les mains (ou
faudrait-il dire : les griffes ?) de Leland. Comment estil parvenu
à Sélestat, et d'abord comment Rhenanus en a-t-il eu connaissance
? L'initiative doit venir de Leland qui, après avoir reçu un exemplaire
de la nouvelle édition qui venait de paraître en mars 1539, constate
que son manuscrit comporte des traités inédits (Tertulliani exemplari,
impresso nuper a Frobenio longe auctiori). Il doit signaler le
fait à l'officina Frobeniana, en prenant contact avec le chef
d'entreprise, Hieronymus Froben, et le “directeur scientifique”,
Sigismundus Gelenius. Celui-ci prévient Rhenanus, comme il se
doit, et va se mettre en quête, au nom de ce dernier, d'un intermédiaire
capable de décider Leland à prêter un manuscrit aussi précieux.
Son choix se porte sur l'humaniste portugais Damião de Góis (1502-1574),
à qui il avait dédié en 1535 ses Castigationes in Plinium(41).
Celui-ci résidait alors à Louvain, mais les voyages qu’il avait
faits dans toute l'Europe lui avaient acquis un vaste réseau de
relations. On avait même pensé à lui pour éditer les Opera omnia
d'Erasme ; il déclina l'offre et, comme on sait, c'est Beatus
Rhenanus qui fut chargé de veiller sur l'entreprise et en rédigea
la préface, justement en 1540(42).
e
fait, Góis avait rencontré pendant son séjour d'étude à Padoue
(1534-1538) un jeune Anglais "élégant, savant, ingénieux" et promis
à une belle carrière, sir Richard Morison (1514 ? – 1556)(43).
Celui-ci avait quitté le cercle de Reginald Pole, qu'il accusera
plus tard de trahison(44), pour le service
de Thomas Cromwell, qui lui assurait honneurs et puissance. Bien
en cours, Morison n'a pas de mal à vaincre les réticences de Leland
(facile impetrauit), et il confie le précieux manuscrit à un négociant
portugais actif dans les Flandres, un certain Pintous qu'il faut
sûrement identifier à Sebastian Roderigo Pinto, anobli par Henri
VIII(45). Pinto s'acquitte de sa mission. Góis
écrit, sans doute à Morison, qu'il a en mains le manuscrit et
qu'il va le transmettre sous peu à Rhenanus. Leland l'apprend,
mais comme il s'inquiète du sort du manuscrit, il attire l'attention
de Rhenanus sur ce trésor (tantus et tam rarus thesaurus) par
sa lettre du 1er juin <1539>, publiée supra. Góis se met en contact
avec l'officina Frobeniana ; le 23 du même mois, Gelenius le remercie
pour l'envoi du Tertulianicus thesaurus et pour d'alléchantes
promesses de collaboration(46). Góis destinait
expressément le manuscrit à Rhenanus, et de fait celui-ci le reçoit
à Sélestat, mais il tarde à remercier l’humaniste portugais qui
manifeste le 24 octobre 1540 son étonnement devant cette négligence,
mais lui envoie tout de même son dernier livre, Fides religio
moresque Aethioporum, sorti le mois précédent à Louvain(47).
Les remerciements de Rhenanus viendront finalement un an et demi
plus tard, dans une lettre du 21 mars 1542 que Góis jugera digne
de la publication(48). Lui-même répond dès
le 1er juin 1542 : il est spécialement heureux que Rhenanus ait
pris la peine de lire les opuscules qu'il lui avait adressés,
mais il a aussi un paragraphe sur le Masburensis
«C'est pour moi une joie immense que tu aies bien
reçu le volume de Tertullien que je t'avais envoyé. Je me faisais
beaucoup de souci pour cette affaire, car je n'avais depuis des
mois reçu aucune lettre ni de toi, ni de Froben que j'avais chargé
de te le transmettre. Ce même Tertullien, bientôt corrigé par
tes soins, voilà ce qu'attendent, avec une impatience extrême,
des savants en grand nombre. Aussi tu dois tout faire pour ne
pas décevoir les espoirs de si grands personnages(49).»
henanus
collationna, on l'a vu, trois traités sur le manuscrit anglais.
A-t-il pris une copie de ceux qui étaient alors inédits ? Elle
n'est, en tout cas, pas conservée à Sélestat. Nous avons toutefois
des indices qu'il avait lu le nouveau témoin. Dans son exemplaire
de travail (p. 511), il corrige une annotation au Traité de la
couronne, 6, 3 «Intellegit autem duos libros de spectaculis» en
«Intellegit autem librum de spectaculis» : le Masburensis lui
a appris que le Traité des spectacles (qu'il avait vainement recherché
jadis(50)) ne comporte qu'un seul livre. Et
p. 702, où il corrige en Apologétique 9, 11 trucidantibus en cruditantibus,
il note dans la marge :
Sic Tertullianus de ieiunijs <16,1>, ‘Vbi sepultus
est, inquit, populus carnis auidissimus vsque ad choleram ortygometra
cruditando’. In Scorpiaco <5,12>, ‘Et transgressione, inquit,
saturatus in mortem cruditauit’.
Le titre De ieiuniis, qui n'apparaît jamais
dans les éditions, n'a pourtant rien de surprenant, c'est celui
des catalogues de Cologne et Corbie(51), et
du Masburensis lui-même. En revanche, la référence au Scorpiacum
surprend : faut-il admettre que Rhenanus ait pu consulter l'édition
parisienne de 1545 où ce traité apparaît pour la première fois,
et corriger sur le champ sa leçon eruditauit ?
Quoi qu'il en soit, Rhenanus ne publie rien, et
ses collations vont dormir à Sélestat jusqu'au moment où, au début
du siècle dernier, Alfred Holder (1840-1916), le célèbre bibliothécaire
de Karlsruhe, en fait une transcription qui, semble-t-il, n'a
jamais été exploitée.(52)
IV. De Sélestat à Malines
n
1546, nous l’avons déjà dit(53), Leland présente
au roi Henri VIII, en guise d'étrennes, un traité où il décrit
sa “laborieuse quête des antiquités britanniques”, entamée treize
ans plus tôt à la requête du souverain. Le texte est publié à
Londres par son ami John Bale (1495-1563), rentré d'un exil de
huit ans “chez les Germains à la foi inébranlable”(54)
(le vent avait tourné en Angleterre : Edouard VI, favorable aux
Protestants, avait succédé à son père en 1547). Bale, un grand
bibliographe(55), accompagne d'explications
le texte de Leland. Ainsi, lorsque celui-ci signale que
«certains des manuscrits, que j'avais cherchés avec
attention, et heureusement trouvés dans différents endroits de
votre royaume, ont été imprimés en Allemagne, et se trouvent maintenant
dans les ateliers des imprimeurs, en particulier de Froben»(56).
Bale note que Leland doit penser au De bello Troiano
de Joseph d'Exeter, dont l'édition publiée à Bâle en 1541 lui
semble d'ailleurs particulièrement ratée(57)
; quant aux manuscrits en attente de publication, il ne sait que
dire :
«Sur les livres qui devraient se trouver dans les
mains de Froben, je ne peux rien savoir. Pourtant j'ai fait faire
là-bas les enquêtes les plus insistantes par diverses personnes
de confiance, au moins pour avoir juste leurs titres ; mais je
n'ai jamais pu les obtenir. Cela me conduit à penser que soit
ils ont péri dans le voyage, soit ils ont été rejetés dans quelque
coin, et ainsi oubliés.»(58)
n
fait, Leland a en tête son Tertullien, et sans doute d’autres
textes, à commencer par la Notitia dignitatum, «rapportée du fond
de la Bretagne par le dévouement érudit des antiquaires», comme
le dit la page de titre de l'édition princeps, publiée par Gelenius
en 1552(59). La mort de Rhenanus va, paradoxalement,
débloquer l'affaire. Le Masburensis faisait sans aucun doute partie
des exemplaria, manuscrits et imprimés, dont le 19 janvier 1549
le Magistrat de Bâle demande la restitution au Magistrat de Sélestat,
pour satisfaire à la réclamation de Hieronymus Froben et Nicolaus
Episcopius qui, du vivant de Rhenanus, les avait mis à sa disposition
pour ses travaux(60). Toujours est-il que les
deux imprimeurs publient dès l'année suivante l'édition établie
par Gelenius sur la base de ce manuscrit. Le nombre et l’importance
des lacunes comblées avaient suffi à dom Dekkers pour montrer
qu’il ne pouvait s’agir d’une correction faite seulement ope ingenii
et camouflée par une annonce publicitaire(61).
Retour
(35) La situation était différente
pour les cathédrales, y compris celles jadis servies par un prieuré
bénédictin et ensuite refondées. Beaucoup eurent relativement
peu à souffrir ; ainsi la bibliothèque d'Exeter resta pratiquement
intacte jusqu'en plein XVIIe siècle. Les inventaires subsistants
feront l'objet d'un prochain tome du corpus des catalogues des
bibliothèques médiévales de Grande-Bretagne. (36) English Benedictine
Libraries: the Shorter Catalogues, éd. R. Sharpe, J. P. Carley,
R. M. Thomson & A. G. Watson, London, 1996, p. 265 (Corpus of
British Medieval Library Catalogues, 4). (37) Son itinéraire est
révélé par l'ordre dans lequel se succèdent les catalogues du
groupe en question, tels qu'ils sont publiés dans les Collectanea,
t. 4, p. 153-159. (38) Voir The Itinerary of John Leland, éd.
L. T. Smith, t. 1, p. 130-133. (39) Sur ce manuscrit et d'autres
vestiges de Malmesbury, on se reportera à notre article Tantus
et tam rarus thesaurus (cité n. 1), qui corrige et complète ce
qu'avait déjà relevé R. M. Thomson, “Identifiable Books from the
pre-Conquest Library of Malmesbury Abbey”, dans Anglo-Saxon England,
10, 1981, p. 1-19 (repris et révisé dans William of Malmesbury,
Woodbridge, 1987, p. 98-116). (40) Cet épisode dans l'histoire
de l'abbaye est clairement exposé par dom Aelred Watkin dans A
History of Wiltshire, ed. by R. B. Pugh and E. Crittall, t. 3,
1956, p. 225-226 (The Victoria History of the Counties of England).
(41) Il a fait l'objet d'une monographie par E. F. Hirsch, Damião
de Gois. The Life and Thought of a Portuguese Humanist, 1502-1574,
The Hague, 1967 (Archives internationales d’histoire des idées,
19). Le cinquième centenaire de sa naissance, en 2002, lui a valu
au Portugal de nombreux hommages populaires, qui vont d’un timbre
à 0,45€ jusqu’à une biographie, richement illustrée : L. F. Barreto,
Damião de Goes. Os caminhos de um Humanista (tirée à 8000 exemplaires
!).(42) Cf. E. F. Hirsch, op. cit., p. 86-87. Le 23 juin 1540,
Rhenanus présente au “comité éditorial” que constituent Boniface
Amerbach, Gelenius, Froben et Episcopius un premier jet de cette
préface (la dédicace à Charles-Quint, datée du 24 mai 1540 ; reproduite
partiellement dans Opus epistolarum Des. Erasmi, éd. P. S. Allen,
t. 1, 1906, p. 56-71), pour laquelle il sollicite leurs critiques.
Cette importante lettre, éditée en 1621 puis oubliée, a été republiée
par F. Hieronymus, Annuaire des amis de la Bibliothèque humaniste
de Sélestat, 37, 1987, p. 159, et dans l'Amerbach-Korrespondenz,
t. 10/1, 1991, p. LXXIII-LXXIV. (43) On verra sur lui la notice
de J. Woolfson à paraître dans le nouveau Dictionary of National
Biography, et aussi J. Liedl, “Richard Morison (1514?-20 March
1556)”, dans Sixteenth-Century British Nondramatic Writers. Second
Series, éd. D. A. Richardson (Dictionary of Literary Biography,
136), Detroit, 1994, p. 255-258. L’éloge que Leland fait de Morison,
“iuuene cum eleganti, tum docto, et in primis ingenioso”, se lit
dans son traité antipapiste Antiphilarchia, composé vers la fin
des années 1530 (Cambridge University Library, ms. Ee.V.14, f.
184v°). (44) Sur les rapports entre Pole (cousin du roi Henri
VIII, et futur cardinal), Morison (qui l'accuse en 1539 d'être
un “architraître”) et Góis lui-même, on verra notre article Tantus
et tam rarus thesaurus (cité n. 1) et l’étude classique de M.
Bataillon, “Damião de Góis et Reginald Pole”, dans ses Etudes
sur le Portugal au temps de l'humanisme, 2e éd., Paris, 1974,
p. 115-119. (45) Il apparaît dans la correspondance du gouverneur
de Calais, le vicomte Lisle ; cf. The Lisle Letters, éd. by M.
St. Clare Byrne, Chicago & London, 1981 (6 vols), nos132, 269,
825, 829-830, 1020. (46) Lettre publiée par Góis dans ses Aliquot
opuscula, Lovanii, décembre 1544, fol. f 2v°-3r°. (47) Bibliothèque
humaniste, Corr. B.Rh 74, publiée dans le Briefwechsel des Beatus
Rhenanus, p. 467-468. Les indications de Leland confirment le
commentaire qu’avait donné de cette lettre A. Torres, As cartas
latinas de Damião de Góis, Paris, 1982, p. 343-345 : Góis a bien
envoyé à Froben un manuscrit de Tertullien, et non pas un commentaire
de cet auteur (comme le supposait E. F. Hirsch, op. cit., p. 88).
– L'exemplaire de la Fides dédié par Góis (“Beato Rennano Damianus
A Goes / D. M.”) est toujours conservé à Sélestat (Bibl. hum.,
K 903a). (48) Aliquot opuscula, f. . K 2rv°. (49) Bibliothèque
humaniste, Corr. B.Rh 73 (Briefwechsel des Beatus Rhenanus, p.
485) : “Quod Tertulliani librum a me tibi missum acceperis, maximopere
laetor. Eram huius rei anxius, cum nihil literarum a te nec a
Frobenio, cui eum tibi tradendum commiseram, a multis diebus accepissem.
Eundem Tertullianum propediem a te repurgatum multi uiri docti
auidissime expectant. Quare fac, uti tantorum uirorum spem ne
fallas.”(50) Il notait dans l'avis au lecteur de sa seconde édition
:“Expectabam avide … a Treveris Spectaculorum libros, sed frustra”
(Briefwechsel des Beatus Rhenanus, p. 375). (51) Reproduits par
Dekkers, art. cité (supra n. 15), p. 373 et 375. En revanche si
la collation usée par Pamèle note bien De ieiuniis, Leland lui-même,
dans sa notice sur Aldhelm, a la forme au singulier quand il cite
des manuscrits rares de Malmesbury : “Vidi etiam atque adeo ibidem
inueni his multo praestantiora [que les reliques du saint] : Tertulliani
librum De spectaculis, De ieiunio…” (Commentarii de scriptoribus
Britannicis, éd. Hall, p. 100-101). (52) Son cahier de notes porte
actuellement à la Badische Landesbibliothek de Karlsruhe la cote
K 1576. Un exemplaire de l'édition due à E. F. Leopold (Leipzig,
1839-1841, 4 vol.), copieusement annoté par Holder, a été acheté
en 1932 par la Bibliothèque universitaire d'Aberdeen, où il est
coté : MS 1011. (53) Voir supra n. 34. (54) Illustrium maioris
Britanniae scriptorum summarium, Ipswich, 1548, f. 244v° : “fugiens
ab impiissimae Romanae Iesabelis facie, quae hucusque sitit prophetarum
sanguinem, apud Germanos in Christo fidelissimos octennio cum
uxore ac liberis delitui”. (55) Sur ce protestant convaincu, ami
de Conrad Gesner (le “pape” zurichois de la bibliographie), on
pourra consulter H. McCusker, Bale: Dramatist and Antiquary, Bryn
Mawr, 1942 ; L. P. Fairfield, John Bale : Mythmaker for the English
Reformation, West Lafayette, Indiana, 1976, et P. Huppé, John
Bale, New York, 1996. (56) The laboryouse journey, f. C 4r° (=The
Itinerary of John Leland, éd. L. T. Smith, t. 1, p. xxxviii) :
“part of the exemplaries, curyously sought by me, and fortunately
found in sondry places of this youre dominion, hath bene emprynted
in Germany, and now be in the presses chefely of Frobenius”. (57)
Il note dans ses Commentarii de scriptoribus Britannicis, au chapitre
“Joseph d'Exeter” (éd. Hall, p. 239) : “Haec cum scripsissem,
prodiit Iosephi opus interpretis de Bello Troiano typis excusum
Germanicis, sed tam corrupte ut si pater ipse in prolem redivivus
oculos conuerteret tam informem, cognosceret plane nunquam. Vtque
fucus aedito praefigeretur libro, Cornelii Nepotis Romani nomine
inscriptus est.”(58) The laboryouse journey, f. C 4v° : “Of the
bokes which shoulde be in the handes of Hieronymus Frobenius,
can I nothyng heare. Yet haue I made thydre most instaunt sute
and labour by diuerse honeste men, at the least to haue had but
theyre tytles; but I neuer coulde obtayne them. Whiche maketh
me to thinke, that eyther they haue peryshed by the waye, or els
that they are throwne a syde in some corner, and so forgotten”.
(59) La mention “haec Notitia ... cum caeteris spoliis in barbarorum
manus delata, nunc demum ex ultimis Britannis studiis antiquariorum
repetita” rappelle tout à fait l'“invention” du Masburensis. De
fait Rhenanus attendait une aide de Leland pour l'édition de ce
texte : “Si Ioannes Lelandus aliquid miserit, curate diligenter
ut ad me perferatur. Nam in quibusdam Notitiae Occidentis locis
eius mihi auxilio opus” (lettre du 23 juin 1540 ; références données
supra n. 42). (60) Document publié par B. R. Jenny, “Zwei Basler
Quellentexte zu Beat Rhenans Lebensende und Nachlass”, dans Annuaire
des amis de la Bibliothèque humaniste de Sélestat, 35, 1985, p.
285-286. (61) Art. cité (supra n. 15), p. 382, n. 2. On notera
particulièrement, en dehors des traités pour lesquels nous disposons
de la collation de Rhenanus, les “sauts du même au même” réparés
dans le De pudicitia, 6, 7-8 : si ideo [hodie concedetur moechiae
uenia quia et aliquando concessa est. cui emolumento] hodie, et
14, 27 : doc[torem nationum in fide et ueritate, uas electionis,
ecclesiarum condi]torem.